
Nous vivons à une époque où les gens confondent intensité et profondeur. L’élan du premier amour, l’étincelle, les papillons, le frisson de tout cela sont considérés comme la preuve que ce que nous ressentons doit être réel.
Pourtant, les sentiments sont comme la météo. Ils nous traversent, imprévisibles et brefs. Ce qui compte, c’est ce qui reste une fois les nuages passés.
Si l’amour doit durer, il ne peut pas reposer sur ce que nous ressentons. Les sentiments changent avec le jour, la saison, la pression que nous subissons. La discipline, en revanche, est constante. Cela nous demande quelque chose de plus difficile : agir correctement même lorsque tous nos instincts nous poussent à ne pas le faire.
L'amour n'est pas une humeur. C'est une pratique, un choix que nous faisons encore et encore. Aimer, c’est le traiter comme un métier, quelque chose qui s’apprend, se répète et s’affine au fil du temps. Il demande de la patience lorsque la colère monte, de la douceur lorsque l’orgueil s’installe et de l’attention lorsque la distraction nous éloigne. Le véritable amour est le travail tranquille accompli lorsque personne ne nous regarde.
Marc Aurèle, dans Méditations (Livre 2), parlait de vivre avec bonne volonté et dignité, de rencontrer des personnes difficiles avec patience plutôt que de se plaindre. Il croyait que notre tâche est d’agir avec justice et gentillesse, non pas parce que cela nous fait du bien, mais parce que c’est juste. L'amour dans ce sens devient une discipline morale. Se soucier, respecter, se montrer même lorsque le cœur est fatigué, c'est pratiquer la vertu elle-même.
Il est facile d’aimer quand tout semble excitant. Le véritable test survient dans le calme et la routine, quand il n’y a pas de grands gestes ni de feux d’artifice. Si vous pouvez vous asseoir à côté de quelqu'un en silence, ne ressentir ni frisson ni irritation, tout en choisissant la gentillesse et la présence, c'est l'amour dans sa forme la plus pure.
On parle de « tomber » amoureux comme si cela arrivait par accident, comme si on trébuchait sur une pierre. Rester amoureux, cependant, est un acte délibéré. C'est la décision de se lever chaque jour et de dire : je continuerai à me présenter. Ce n’est pas un manque de passion ; c'est la force. C’est choisir de construire quelque chose qui survit à un sentiment éphémère.
Epictète, dans son Enchiridionnous a rappelé que nous contrôlons uniquement nos propres actions, jamais les résultats qu'elles apportent. La même vérité s’applique à l’amour. Nous ne pouvons pas commander le cœur d’une autre personne ; nous ne pouvons gouverner que notre propre conduite. L’amour devient alors un acte d’intégrité, non de possession, non d’indulgence, mais de stabilité et de vérité.
On apprend à aimer en faisant. En respectant les limites, en écoutant même lorsque nous aspirons à être entendus, en nous souciant de petites choses sans rien attendre en retour. Ces gestes peuvent paraître ordinaires, mais ils sont sacrés. Ils forment la structure tranquille de la dévotion.
Lorsque le sentiment s’estompe, comme c’est toujours le cas, la vraie question n’est pas de savoir ce qui n’a pas fonctionné mais de savoir si nous continuerons à mettre en pratique ce que nous avons promis. L’amour ne disparaît pas lorsque l’excitation s’estompe ; il ne disparaît que lorsque nous cessons de nous en occuper.
Au fond, l’amour est discipline. C’est la décision quotidienne d’agir avec prudence, de rester présent et de vivre selon les valeurs que nous prétendons défendre. Ce n’est pas une étincelle qui s’éteint mais une flamme constante que nous entretenons jour après jour.
Et c’est le genre d’amour qui dure.
À quoi ressemble pour vous la pratique de l’amour lorsque le sentiment s’estompe ?
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Ce message était publié précédemment sur medium.com.
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Crédit photo : Everton Vila sur Unsplash
L'article La pratique de l'amour est apparu en premier sur The Good Men Project.
Vous pouvez lire l’article original (en Angais) sur le sitegoodmenproject.com