Ce n'est pas de la croissance. C'est ça l'adaptation.
Avant, tu étais différent.
Pas plus jeune. Pas naïf en matière d'amour. Différent de manière spécifique et nommable. Vous aviez l’habitude de partager vos opinions sans vous arrêter pour calculer la réponse. Avant, vous preniez des décisions sans les passer au préalable par un filtre. Vous aviez l’habitude d’occuper un espace émotionnel sans immédiatement rédiger des excuses pour l’avoir pris.
Maintenant, vous réfléchissez à deux fois à tout.
Ce changement mérite d’être mentionné précisément parce qu’il est si facile de le mal étiqueter.
On pourrait appeler cela de la maturité. Vous pourriez vous dire que vous avez simplement appris à mieux communiquer, à choisir les batailles, à devenir un meilleur partenaire. Cela peut être en partie vrai.
Mais il existe une distinction cruciale entre croissance et adaptation, et la plupart des contenus relationnels les regroupent en une seule et même chose.
La croissance vous fait grandir. Cela vous demande de devenir plus pleinement vous-même, plus honnête, plus capable d’une véritable intimité. La croissance est additive.
L'adaptation au stress émotionnel chronique enseigne à votre système nerveux quelque chose de différent. Cela vous apprend que la vraie version de vous crée trop de frictions. Que si l’on reste plus petit, plus doux, plus prudent, l’environnement devient plus gérable. L’adaptation à un modèle relationnel dangereux est soustractive.
La personnalité que vous avez développée dans cette dynamique n’est peut-être pas votre vrai moi. C’est peut-être la version de vous qui a appris à survivre dans cet environnement particulier.
Et survivre n’a jamais été censé être le seul but de l’amour.
Vous pouvez lire l’article original (en Angais) sur le {site|blog}goodmenproject.com