La psychologie derrière le manque de votre ex même s'il vous a mal traité


Je me souviens de la première fois que je l'ai admis à voix haute : que quelqu'un me manquait qui avait été, selon toutes les mesures raisonnables, mauvais pour moi. Une confession… moitié honte, moitié surprise… ou peut-être que le désir de ma propre douleur était un échec moral plutôt qu'un réflexe humain.

Manquer quelqu'un qui vous a blessé n'est pas une faiblesse… c'est sûr. Mais une fois que l’on connaît les mécanismes, la douleur ressemble à une astuce cérébrale très prévisible.

La corde qui vous attache est souvent appelée « lien traumatique ».

Lorsque l’affection et la cruauté évoluent de manière imprévisible, votre cerveau devient accro aux montagnes russes émotionnelles. Chercheurs ont découvert que les attachements peuvent se renforcer en présence d'abus et de récompenses intermittents. Cette dynamique rend le départ impossible, même lorsque votre tête sait que vous devriez partir.

Pensez aux machines à sous pendant une seconde : quelques victoires parmi de nombreuses défaites incitent les gens à tirer sur le levier. Dans les relations, un texte d’amour après une semaine de froideur, ou une tendresse soudaine après une humiliation, devient la « victoire ». Ce n'est pas tant de l'amour que du renforcement intermittent… et ce modèle recâble vos attentes. Les petits élans de gentillesse deviennent précieux car ils arrivent si rarement.

Ensuite, il y a le biais de nostalgie, ou le « biais d’affect en voie de disparition ».

Notre esprit laisse les souvenirs négatifs s’estomper plus rapidement que les souvenirs positifs. Au fil du temps, les dîners pour lesquels vous vous disputiez se transforment en une scène douce et risible.

Votre cerveau essaie de vous protéger en lissant le passé, mais ce lissage peut vous permettre de ne vous souvenir que des bons moments. Pas étonnant que la solitude transforme ce passé filtré en phare.

Les styles d’attachement sont les scripts personnels des relations. Si vous avez grandi dans l'incohérence… un parent chaleureux puis absent, un amour qui se méritait, vous vous attachez à l'intensité plutôt qu'à la stabilité.

Chercheurs Trouver un attachement anxieux, par exemple, vous rend hypersensible aux signes de connexion et hypersceptique quant à la sécurité calme. Ce registre interne anxieux ne connaît pas « stable » comme sécurité ; il enregistre une stabilité aussi ennuyeuse et une intensité que salvatrice. Ainsi, lorsque quelqu’un qui vous a mal traité montre soudainement de l’intérêt, la partie anxieuse de vous confond l’urgence avec une validation.

C’est là que le « pourquoi » devient déchirant.

Le manque de la personne qui vous a blessé concerne souvent moins l'autre personne que ce qu'elle a rempli… en vous. Ils vous ont prêté attention, même si cette attention était enveloppée dans le chaos. Ils ont confirmé que vous comptiez, même s’ils l’ont confirmé en étant la seule personne à donner l’impression qu’une explosion émotionnelle ressemblait à une conversation. Le cerveau assimile l’intensité à l’importance ; les liens de traumatisme exploitent ce raccourci.

Il y a une autre couche : l’érosion de l’identité.

Les relations ne sont pas seulement des voisins de table dans votre vie ; ce sont des structures de vie. Vous apprenez à être au monde à travers le reflet de quelqu'un d'autre. Les rendez-vous, les amis, les routines, même les mots que vous utilisez pour vos pires moments, tout est réorganisé autour d'un partenaire.

Lorsque cette personne disparaît soudainement, ce n’est pas seulement une perte de compagnie ; c'est la perte de quelqu'un. C’est la disparition d’une version de vous-même qui a su se manifester dans cette relation. Vous pleurez les rituels, la personne que vous seriez devenue en essayant de maintenir la paix.

Ce vide est bruyant ; parfois plus fort que le souvenir de la douleur. Les gens poursuivent souvent la personne qui les a blessés parce qu'ils recherchent en réalité la forme d'eux-mêmes qui est née de la relation.

La solitude est l’essence de ce feu.

Lorsque votre cadeau est vide, votre esprit fouille dans la mémoire pour se réchauffer. Le rappel sélectif transforme le passé en un film plus convivial. Soudain, les brèves gentillesses de votre ex ressemblent à une preuve de compatibilité, et les abus sont réinterprétés comme du « stress » ou un « bagage ».

Études montrent que ce biais est robuste. L’affect négatif lié aux mauvais souvenirs a tendance à s’estomper plus rapidement que le positif, surtout lorsque ces souvenirs sont répétés dans l’isolement ou dans le désir.

Mais ce n’est pas pour excuser de rester ou pour absoudre un comportement blessant.





Vous pouvez lire l’article original (en Angais) sur le {site|blog}goodmenproject.com