
« Mais ils sont toujours en vie. »
« Au moins, ils ne sont pas morts. »
« Tu trouveras quelqu'un d'autre. »
Essayez cependant d’expliquer ce raisonnement à vos pensées à minuit. Essayez d'expliquer que la chose que vous pleurez ne compte pas parce que le corps vit encore les nuits que vous avez passées à pratiquer « un jour ».
La réalité émotionnelle qu’une telle minimisation néglige est que l’on perd plus qu’une simple personne lorsqu’une relation prend fin. Vous perdez les petits rituels qui régulaient votre système nerveux, l'avenir imaginé vers lequel vous pratiquiez le sourire, les interactions quotidiennes et le rôle que vous avez joué dans la vie de quelqu'un d'autre. Ce sont de vraies pertes et… votre cerveau les traite comme il traite la mort.
Le cerveau sur les ruptures = le cerveau sur le deuil (et ce n'est pas mélodramatique)
Les circuits qui sous-tendent l’attachement romantique recoupent ceux des systèmes mammifères plus anciens de création de liens et de récompenses. Les « amoureux » montrent une activité dans les régions riches en dopamine comme l’aire tegmentale ventrale et le noyau caudé… les mêmes circuits de récompense qui s’allument en cas de dépendance et d’attachement profond. En termes simples, votre cerveau est programmé pour attendre des récompenses de la part de votre proche lorsque vous êtes amoureux.
Lorsque cette source disparaît, deux choses se produisent simultanément. Premièrement, le système de récompense qui vous permettait autrefois de vous sentir vivant est désormais rétrogradé : les symptômes de sevrage ressemblent beaucoup à un état de manque. Deuxièmement, le réseau social de la douleur s’illumine.
L'exclusion sociale active également le cortex cingulaire antérieur, une région cérébrale qui est également stimulée par la douleur physique, et le niveau de douleur signalé est corrélé à cette activation. Les régions de votre cerveau qui traitent un orteil écrasé sont également confrontées à la douleur du rejet, pour le dire autrement.
Votre poitrine se resserre, votre sommeil est déformé, votre appétit change et votre concentration est interrompue en raison du retrait de la dopamine et de l'activation de la douleur sociale.
Vous ne perdez pas seulement une personne ; tu perds quatre choses à la fois
La personne
Les blagues dont vous ne faites que rire avec eux, la façon dont ils envoient des SMS lorsqu'ils dorment à moitié et leur voix dans votre oreille. Du jour au lendemain, cette présence sociale et sensorielle disparaît ; l'absence est réelle et immuable.
L'avenir que tu as imaginé
Les humains adorent les répétitions. Bien avant que les vœux ne soient prononcés, nous avons pratiqué « un jour » dans notre tête : les vacances, les enfants, les rituels tranquilles du dimanche. Ces images répétées sont aussi des pièces jointes ; quand on les arrache, c'est comparable aux funérailles d'un possible.
Votre rôle et votre identité
« Nous » devient « moi ». Si vous aviez organisé votre vie (temps, projets, énergie émotionnelle) pour être le partenaire de quelqu'un, la fin vous obligera à repenser votre identité. Cette perte de rôle est autant un chagrin de fonction qu’un chagrin de sentiment.
Vos hypothèses sur la réalité
Se rendre compte que votre carte interne était incorrecte provoque un choc existentiel : « Nous étions solides » se transforme en « Nous ne l'étions pas ». À l’instar du deuil, cette perturbation de la régularité est déstabilisante.
Alors, que faisons-nous lorsque notre corps insiste sur le fait qu’il s’agit d’un véritable chagrin ?
Premièrement : validez-le.
« Mais ils ne sont pas morts » n'atténue pas le chagrin de votre perte. Les professionnels mettent en garde contre une sous-estimation des pertes non mortelles ; des concepts tels que « perte ambiguë » décrivent à quel point la disparition d’une personne vivante peut vous laisser confus et instable. Par rapport au déni, nommer la perte déclenche une réaction plus adaptative.
Deuxièmement, traitez votre système nerveux avec la même prudence de bon sens que vous le feriez avec une personne très déprimée.
La rerégulation du corps nécessite des mouvements légers, une hygiène de sommeil constante et des routines simples et prévisibles. Gardez un œil sur les symptômes physiques persistants tels que des vagues d’inconfort, des changements d’appétit et des troubles du sommeil. Il s’agit de premiers secours neurologiques et non émotionnels.
Troisièmement : ritualiser la fin.
Les rituels aident à traduire la douleur privée en un chagrin public et traitable. Vous n'avez pas besoin de funérailles pour marquer une perte grave. Écrivez une lettre que vous n'enverrez pas. Après une brève cérémonie honorant l’importance du partenariat, placez un jeton tangible dans une boîte. Le pont narratif que les rituels construisent aide votre cerveau à passer de « c'est partout » à « ça fait partie de mon histoire ».
Quatrièmement : ralentir le recâblage.
Il faut du temps pour que le processus neurochimique de sevrage de la dopamine s’atténue. Évitez les tactiques de « rebond » hâtives qui remplacent la guérison par la nouveauté. Prévoyez plutôt du temps pour de petits plaisirs délibérés.
Enfin, si votre chagrin persiste trop longtemps, demandez de l’aide.
Même si la plupart des gens se rétablissent, la thérapie et les médicaments contre la dépression ou l’anxiété concomitantes fonctionnent toujours. Il existe des stratégies pour aider à faire face aux symptômes graves et invalidants qui accompagnent fréquemment le deuil.
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Ce message était publié précédemment sur medium.com.
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Crédit photo : Pierre Bamin sur Unsplash
Vous pouvez lire l’article original (en Angais) sur le {site|blog}goodmenproject.com