Les personnes qui laissent les autres plus légers reconnaissent rarement ce qu’elles portent. Ils pleurent quand les animaux sont blessés. Ils sourient aux vieux couples. Ils prient quand une ambulance passe. Ils ressentent tout et remarquent tout, et cela leur coûte quelque chose, et c'est aussi ce qu'il y a de plus vivant chez eux, même si personne ne l'a jamais dit de la manière dont ils avaient besoin de l'entendre. Pour eux, c'est simplement qui ils sont. Pour les gens qui les entourent, c’est une sorte de grâce. Et c’est dans cette distance, entre la clarté avec laquelle les autres le voient et le fait qu’il reste invisible pour celui qui le porte, que tant de désir vit tranquillement.
« Vous confondez votre propre profondeur avec une blessure. Vous appelez votre sensibilité un problème. Vous vous demandez ce qui ne va pas chez vous alors que tout va bien chez vous. »
L'auditeur suppose que tout le monde écoute. Celui qui s’en soucie suppose que s’en soucier est ordinaire. La personne qui porte l’amour suppose que l’amour est toujours ce présent, cette volonté, ce don gratuit. Parce que cela semble si naturel qu’on ne le nomme jamais, et ce qui reste sans nom est rarement valorisé. Alors ils vont le chercher ailleurs, hors d’eux-mêmes, dans les gens, dans les relations et dans le monde, sans jamais penser à se tourner vers eux-mêmes ce qui a toujours été là.
C’est peut-être là le plus ancien point aveugle de tous. Pas le vide, mais l’incapacité de regarder à l’intérieur de ce qui a toujours été plein. Vous recherchez extérieurement la preuve de quelque chose qui n’a jamais été absent, seulement inavoué, la preuve que vous méritez l’amour même que vous n’avez jamais refusé à quelqu’un d’autre. Vous confondez votre propre profondeur avec une blessure. Vous appelez votre sensibilité un problème. Vous vous demandez ce qui ne va pas chez vous alors que tout va bien chez vous. Vous êtes simplement quelqu’un qui est arrivé dans cette vie en sachant aimer, et il vous a fallu beaucoup de temps pour comprendre que ce n’est pas un fardeau. C'est un don rare et particulier.
Vous pouvez lire l’article original (en Angais) sur le {site|blog}goodmenproject.com